Actualités de Philippe Vanlangendonck

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Pénal

Publié le 11/02/2021

Les détenus peuvent-ils exiger un accès à Internet ?

La détention prive les individus de nombreux droits, mais l’État doit trouver un équilibre afin de ne pas les priver complètement de leurs libertés fondamentales. Ce dilemme est au cœur d’une décision récente de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) concernant l’accès à Internet pour les détenus. Le cas concerne un avocat turc, M. Demir, placé en détention provisoire pour des accusations liées au terrorisme. Dans sa quête d’informations juridiques pour préparer sa défense, il avait demandé l’accès à des sites web de juridictions supérieures, mais sa demande a été rejetée, tant par l’administration pénitentiaire que par les tribunaux. La CEDH souligne que, bien qu’il existe des restrictions dans le milieu carcéral, l’accès à Internet est essentiel pour recevoir des informations et peut contribuer à la réhabilitation. Bien que la législation turque prévoit un accès à Internet pour des buts de formation, le rejet de la demande de M. Demir s’est avéré insuffisamment justifié. La Cour a noté que les autorités n’ont pas démontré pourquoi son accès à ces sites spécifiques constituait un risque pour la sécurité, d’autant plus que ces ressources étaient nécessaires pour son développement professionnel. Les décisions des autorités étaient donc jugées disproportionnées et manquaient d’une analyse approfondie des enjeux de sécurité. Ce cas soulève des questions cruciales sur les droits des détenus et l’importance d’un accès à l’information, même en prison.

Pénal

Publié le 25/01/2021

Espionner les mails de son conjoint peut constituer un acte de violence conjugale

Une ressortissante roumaine a déposé plusieurs plaintes contre son ex-mari pour violences domestiques, des menaces de mort et des violations de sa vie privée. Malgré un certificat médical attestant de lésions et une ordonnance de protection, les autorités ont qualifié les menaces de son mari de non-infractions, le condamnant seulement à une amende. Ce manque de réaction appropriée des autorités a été critiqué par la Cour, qui a souligné que l’enquête n’avait pas pris en compte la gravité des violences conjugales, comme prévu par la Convention d’Istanbul. En outre, la Cour a élargi la définition de la violence domestique pour inclure la cyberviolence, un aspect souvent négligé qui englobe l’intrusion dans la vie privée numérique de la victime. Elle a statué que surveiller ou accéder sans autorisation aux correspondances d’un partenaire constitue une forme de violence domestique. Ce cas marque une avancée significative dans la reconnaissance des abus psychologiques et informatiques, indiquant que les autorités doivent examiner ces allégations de manière approfondie. La décision de la Cour jette ainsi une lumière nouvelle sur la violence domestique, reconnaissant que celle-ci ne se limite pas à des actes physiques mais englobe aussi des formes insidieuses, comme la cyberviolence. Cela ouvre des perspectives juridiques pour les victimes d’espionnage conjugal, renforçant la nécessité d’une protection et d’une enquête appropriée. Ce jugement est considéré comme l’une des décisions majeures de l’année dans ce domaine.

RGPD & vie privée

Publié le 11/11/2013

La loi Big Brother entre en vigueur en Belgique : quelles conséquences ?

La récente adoption de la loi controversée, surnommée « loi Big Brother », en Belgique, soulève de vives inquiétudes concernant la protection des libertés fondamentales et la vie privée des citoyens. Votée discrètement avant les vacances parlementaires de 2013, cette législation impose aux opérateurs télécom de conserver pendant un an les données de communication de leurs clients, y compris les détails des courriels et des appels, sans en préserver le contenu. Sous prétexte de lutter contre le terrorisme et la criminalité, elle menace directement le secret professionnel des avocats, journalistes et médecins, érodant ainsi la confiance nécessaire à l’exercice de leurs métiers. La loi s’inspire d’une directive européenne post-attentats de Londres en 2005, mais suscite une levée de boucliers de la part d’organisations de défense des droits humains et de syndicats professionnels, qui dénoncent une atteinte aux droits individuels. En effet, cette surveillance généralisée pourrait influencer le libre exercice de la liberté d’expression, créant un climat de méfiance au sein de la société. Les répercussions de cette législation vont bien au-delà des professionnels soumis au secret : chaque citoyen risque de voir sa vie privée mise à mal. Face à cette dérive, des recours juridiques sont envisagés pour contester cette législation. La question demeure : comment cette loi, perçue comme une intrusion massive dans la vie privée, a-t-elle pu passer inaperçue dans un pays qui se dit démocratique ?

RGPD & vie privée

Publié le 23/09/2013

La loi « Big Brother » a été votée discrètement en Belgique pendant les vacances parlementaires …

La récente adoption de la loi surnommée « Big Brother » en Belgique soulève d’importantes inquiétudes sur les libertés fondamentales. Cette législation, qui oblige les opérateurs télécom à conserver les données de communication de leurs clients pendant un an, a été adoptée sans une réelle résistance, illustrant une indifférence alarmante au sein de la société. En effet, cette loi menace la présomption d’innocence, la vie privée et le secret professionnel de diverses professions, y compris celles des avocats, médecins et journalistes. Sous le prétexte de lutter contre le terrorisme et la grande criminalité, cette loi permet une surveillance généralisée, remettant en question la santé de notre démocratie. Les critiques, notamment de la Ligue des droits de l’homme et d’organisations professionnelles, soulignent que cette mesure constitue une atteinte injustifiée aux droits individuels. Les dispositions de la loi, inspirées par une directive européenne, semblent ignorer les principes constitutionnels belges garantissant le respect de la vie privée et la liberté d’expression. George Orwell, dans « 1984 », met en garde contre un monde où la surveillance devient la norme, un avertissement qui résonne fortement aujourd’hui. Alors que cette loi est mise en œuvre, la question se pose : jusqu’où ira cette dérive vers une société où la liberté individuelle est sacrifiée sur l’autel de la sécurité ? La vigilance et la résistance citoyenne s’avèrent plus que jamais nécessaires pour préserver nos droits fondamentaux.

Confiance numérique

Publié le 25/01/2009

e-Justice : eCommunication sécurisée entre les avocats en 2009

Le programme PenalNet, soutenu par la Commission européenne jusqu’en décembre 2010, vise à transformer la pratique du droit pénal à l’échelle européenne. En cours d’expérimentation depuis 2009, ce projet mobilise 1 500 avocats issus de pays partenaires tels que l’Espagne, la France, l’Italie, la Hongrie et la Roumanie, ainsi que le Conseil des Barreaux européens. Les avocats sélectionnés, spécialisés en droit pénal, bénéficieront d’une formation pour utiliser la plateforme PenalNet, qui sera ouverte à tous les avocats accrédités après 2010. PenalNet facilite les échanges électroniques sécurisés entre avocats, notamment dans les affaires pénales transfrontalières. Grâce à un certificat de signature électronique et à un système de cryptage, les utilisateurs pourront partager des informations sensibles tout en préservant la confidentialité. Un volet public de la plateforme offrira également des ressources sur la législation pénale européenne. Les avocats recevront une carte professionnelle électronique, distincte de leur carte d’identité personnelle, permettant de protéger leur vie privée tout en tenant compte de leur spécialisation. Cette initiative s’inspire d’expériences réussies, comme la carte européenne de professionnel de santé, visant à sécuriser l’accès aux données tout en favorisant la libre circulation des professionnels. PenalNet représente ainsi une avancée majeure pour l’e-Justice, en améliorant la collaboration entre avocats au sein de l’Union européenne.

Confiance numérique

Publié le 25/01/2009

e-Justice : eCommunication sécurisée entre les avocats en 2009

Le programme PenalNet, financé par la Commission européenne, est un projet innovant qui s’étend sur trois ans, jusqu’en décembre 2010, et qui vise à améliorer la collaboration entre avocats spécialisés en droit pénal à l’échelle européenne. Actuellement en phase d’expérimentation, le projet implique 300 avocats par pays partenaire, soit un total de 1500 avocats issus d’Espagne, de France, d’Italie, de Hongrie et de Roumanie, ainsi que du Conseil des Barreaux européens (CCBE). PenalNet offre une plateforme sécurisée pour des échanges électroniques confidentiels, facilitant ainsi la gestion de dossiers pénaux transfrontaliers. Les avocats sélectionnés, formés à l’utilisation de cette plateforme en 2009, bénéficieront d’un accès basé sur un certificat de signature électronique, garantissant la sécurité des informations échangées. Ce réseau inclut également une section publique, fournissant des ressources sur la législation pénale européenne. Une innovation notable est la délivrance d’une carte professionnelle électronique, distincte des identités personnelles, respectant ainsi la vie privée des avocats et tenant compte de leur spécialisation. Cette initiative s’inspire de modèles réussis, comme la carte européenne des professionnels de santé, visant à faciliter la libre circulation des avocats tout en assurant la sécurité des échanges d’informations. PenalNet représente ainsi une avancée majeure pour l’e-Justice en Europe, offrant des perspectives prometteuses pour les avocats et leurs clients.

Responsabilité

Publié le 10/05/2000

Le dossier médical électronique : problèmes de vie privée et de responsabilité

L’absence de définitions précises entrave la numérisation et la communication des dossiers médicaux, soulignant l’importance cruciale de la protection de la vie privée et du secret médical. Le dossier médical se compose de deux interfaces essentielles : la communication entre le patient et son médecin-traitant, et celle entre les médecins dans un cadre professionnel. Pour garantir une gestion efficace des données, il est impératif de définir clairement les différents types d’informations qui le composent. Cela inclut les informations médicales et de santé utilisées par les médecins, les données administratives comme l’identification et la gestion socio-économique, ainsi que les données fournies par le patient, telles que ses plaintes et confidences. Les constatations et réalisations du soignant, incluant examens cliniques et diagnostics, complètent ce tableau d’informations. Une qualification rigoureuse des données est non seulement essentielle pour assurer le respect des règles de confidentialité, mais également pour renforcer le dossier médical en tant qu’outil professionnel. En clarifiant ces définitions, les acteurs de la santé pourront mieux naviguer dans la complexité de la numérisation, tout en préservant la confiance des patients. Ainsi, le développement d’un cadre solide pour la gestion des dossiers médicaux apparaît comme une priorité pour l’avenir de la médecine moderne.

RGPD & vie privée

Publié le 27/01/2000

Démocratie électronique: consultation nationale sur la vie privée

Le Ministère de la Justice lance une consultation nationale pour l’arrêté d’application de la loi sur la protection de la vie privée, en réponse à la directive européenne de 1995. L’objectif est d’abroger plusieurs arrêtés antérieurs pour les remplacer par un texte unique, simplifiant ainsi la législation en matière de données personnelles. Cette initiative vise à recueillir les avis des acteurs des divers secteurs touchés, allant des professions libérales aux entreprises privées, en passant par le secteur public. L’avant-projet de cet arrêté est désormais accessible sur le site du Ministère, permettant à tous de soumettre leurs commentaires jusqu’au 31 janvier 2000. Toutefois, des interrogations demeurent quant à l’efficacité de cette démarche en ligne. Peut-on vraiment considérer qu’une consultation sur Internet atteigne une audience aussi large qu’une diffusion dans la presse nationale ? La question de l’accessibilité et de la portée de cette consultation soulève des enjeux cruciaux pour la démocratie électronique en Belgique. Bien que cet outil numérique représente une avancée dans le dialogue citoyen, il est essentiel de définir des modalités claires pour garantir son efficacité. L’engagement des citoyens est crucial pour que cette consultation ne soit pas perçue comme une démarche isolée, mais comme un véritable levier de participation démocratique. Les belges sont donc appelés à faire entendre leur voix avant la date limite, car la protection des données les concerne tous.

eCommerce

Publié le 30/11/1999

Union européenne: la signature électronique réglementée

Le 30 novembre 1999, le Conseil des Ministres des Télécommunications de l’Union européenne a adopté une directive révolutionnaire sur les signatures électroniques, marquant une avancée majeure pour le commerce électronique en Europe. Ce cadre légal vise à garantir la reconnaissance des signatures électroniques, permettant ainsi aux utilisateurs de vérifier l’origine et l’intégrité des informations échangées en ligne. La directive établit que les signatures électroniques, respectant certaines spécifications, ont la même valeur légale qu’une signature manuscrite, renforçant leur force probante en cas de litige. Elle favorise également la libre circulation des produits et services liés aux signatures électroniques, soumettant ceux-ci uniquement à la législation du pays d’origine, évitant ainsi des contraintes excessives. Les fournisseurs de services doivent respecter des règles de responsabilité minimales, garantissant ainsi la confiance des consommateurs tout en encourageant l’innovation sans lourde réglementation. La directive adopte une approche technologique neutre, acceptant toutes les technologies de signature, qu’elles soient basées sur la cryptographie ou la biométrie. En outre, elle permet la délivrance de certificats pour identifier les expéditeurs de messages électroniques, tout en laissant la place à des systèmes privés, comme des réseaux d’entreprise. Enfin, pour promouvoir le commerce électronique à l’échelle mondiale, la directive prévoit des mécanismes de coopération avec des pays tiers, facilitant la reconnaissance mutuelle des certificats. Ce cadre législatif constitue ainsi un pilier essentiel pour l’avenir numérique de l’Europe.

RGPD & vie privée

Publié le 20/10/1999

USA: protection de la vie privée en ligne, une vaste blague ?

Un rapport récent de Forrester Research met en lumière une réalité alarmante concernant la protection de la vie privée sur Internet : 90 % des sites web ne respectent pas les normes fondamentales de confidentialité. Cela contredit les affirmations de la Federal Trade Commission (FTC), qui soutient que l’autorégulation de l’industrie est suffisante. Selon Forrester, des entreprises telles que Gap et JC Penney utilisent des politiques de confidentialité rédigées de manière vague, principalement pour protéger leurs intérêts plutôt que ceux des consommateurs. Le rapport révèle que seulement 10 % des sites de commerce électronique adhèrent aux recommandations en matière de protection des données, un constat d’autant plus préoccupant à la lumière des récents incidents de sécurité, comme la brèche de Hotmail. Par ailleurs, les programmes de certification tels que TRUSTe et BBBOnline peinent à gagner en popularité, avec respectivement seulement 500 et 42 licences délivrées. L’essor de l’intelligence artificielle complique également la situation, poussant les entreprises à partager davantage de données. Forrester appelle la FTC à prendre des mesures concrètes, telles que l’application stricte des principes de protection de la vie privée et l’information des consommateurs sur les listes de données les concernant. Il est primordial de développer des politiques de confiance tierces pour renforcer la sécurité des données personnelles et préserver l’intégrité du commerce électronique.

Intermédiaires

Publié le 10/10/1999

Responsabilité des hébergeurs: l’affaire AXA/INFONIE

Le jugement rendu le 28 septembre par le tribunal d’instance de Puteaux soulève des questions cruciales sur la responsabilité des hébergeurs en matière de diffamation. Dans cette affaire, le groupe Axa a poursuivi Infonie, un fournisseur d’accès Internet, après qu’un ancien salarié ait publié des propos jugés outrageants sur une page personnelle. Les avocats d’Axa ont soutenu que Infonie devait être considéré comme responsable en tant que directeur de publication, tandis que la défense a argué que la nature instantanée d’Internet rendait difficile cette responsabilité. Finalement, le tribunal a débouté Axa, affirmant qu’un hébergeur n’a pas le contrôle préalable sur le contenu diffusé et qu’il ne peut donc pas être tenu pour responsable de la diffamation. Cette décision est significative, car elle clarifie le rôle des hébergeurs et leur immunité face aux contenus hébergés, tant qu’ils ne sont pas informés de leur caractère illicite. Philippe Guerrier souligne que cette jurisprudence est essentielle pour définir les responsabilités des intermédiaires techniques dans un contexte numérique en constante évolution. Par ailleurs, elle s’inscrit dans le cadre d’un amendement proposé par le député Patrick Bloche, visant à établir des règles claires sur la responsabilité des hébergeurs, en attendant une directive européenne. Ce jugement pourrait donc influencer de futures législations sur la communication en ligne et la protection des droits des individus.

Propriété intellectuelle

Publié le 23/09/1999

L’affaire du LZW/GIF, devez-vous payer une licence de US$5000 pour votre site web ?

À la rentrée 1999, la polémique autour du format GIF refait surface, ravivée par les exigences d’Unisys concernant le brevet sur l’algorithme LZW. Initialement développé par Compuserve en 1987 sans connaissance du brevet de 1985, le format GIF est désormais sous le feu des critiques après qu’Unisys ait exigé des opérateurs Web le paiement d’une licence de 5000 dollars pour l’utilisation des images GIF. Bien que certains sites, comme Slashdot.org, aient tenté de rassurer en indiquant que des logiciels sous licence couvrent les utilisateurs, la crainte persiste. Alain Simeray, dans son éditorial, souligne l’ironie de la situation. Il n’a jamais entendu parler de telles obligations jusqu’ici, et se demande si cette stratégie d’Unisys n’est pas une manœuvre opportuniste. En effet, pour de nombreux sites, payer cette somme pourrait être plus économique que de remplacer toutes les images. Simeray recommande toutefois de ne pas céder à la panique, affirmant que la majorité des logiciels commerciaux ont probablement des licences adéquates. Cependant, il met en garde : la responsabilité peut incomber à l’utilisateur final, notamment si des logiciels comme ceux de Microsoft n’offrent pas de couverture. En somme, la situation reste floue et évolutive, et il est conseillé de vérifier les termes de licence de chaque outil utilisé. Unisys semble préparer un passage en force, laissant planer l’incertitude sur l’avenir des GIF en ligne.

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